Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



NOU KA SONJE-MUSIQUE CUBA

cubamusique.jpg 

NOU KA SONJE-MUSIQUE CUBA
Album : NOU KA SONJE-MUSIQUE CUBA
CUBA 1923-1995 L’élaboration de la musique populaire Cubaine Bolero,le son,la guajira,le danzon ,la conga ,etc
4 images
Voir l'album

L’élaboration de la musique   populaire cubaine 

I

l existe peu de pays au monde où la musique soit aussi présente et exubérante qu’à Cuba. Chaque province, chaque ville, parfois, possède ses rythmes propres et certains connaissent, depuis le XIXe siècle, un rayonnement international La habanera, notamment, apportée par des marins cubains dans le Rio de
la Plata vers 1850, constitue l’un des fondements du tango argentin, et la danza, introduit au Mexique quelques années plus tard, y perdure aujourd’hui encore. Des danses et chants précolombiens rien ne subsiste, les Indiens siboney et taino ayant été exterminés peu après l’arrivée des premiers Espagnols. Des musiciens

professionnels officient cependant dès les débuts de la colonie : à Baracoa, Bayamo, Sancti Spiritus, Trinidad, Santiago, jouant de la vihuela, de la viole, du tiple (sorte de petite guitare) et autres instruments européens. « Dans l’île, écrit Alejo Carpentier, la musique a toujours précédé les arts plastiques et la littérature, parvenant à maturité quand les autres manifestations de l’esprit, la poésie excepté, n’en étaient qu’à leur stade initial. Cuba possédait déjà d’admirables compositeurs de musique religieuse et interprètes de partitions sérieuses avant que l’on ait écrit dans l’île un seul roman ou publié un seul journal. » Esteban Salas (J 725-1803) notamment, maître de chapelle de la cathédrale de Santiago, fut le premier compositeur de musique classique d’Amérique latine.

Le processus de créolisation commence dès le début du XVIe siècle, avec un brassage continu de civilisations. Durant quatre cents ans, des millions d’esclaves seront importés de la côte de Guinée et des régions bantoues et les Noirs auront, à Cuba, une influence musicale prépondérante. Si les rythmes cubains brûlent quasiment tous d’une flamme africaine, les cadences de types espagnol (I min, bVII, bVI, V ou I, IV, V, IV, I), en revanche, prédominent. D’Espagne arrivèrent en effet le tango de Cadix (ou tanguillo gaditano, dont on retrouve des traces dans la guaracha), le zapateo et d’autres danses andalouses, les romances, des chants religieux dont les villancicos, des mélodies des Canaries (qui coloreront le punto et la tonada), et plus tard la zarzuela. Mais Cuba

reçut aussi du sud de l’Italie la chanson napolitaine et l’opera buffo, et les Français expulsés d’Haïti après la révolte des Noirs y amenèrent à la fin du XVIIIe siècle une contredanse déjà métissée ainsi que le menuet, le rigaudon, le passepied, la gavote et le quadrille danses que cultiveront dans la région d’Oriente, située à l’est de Cuba, les tumbas francesas, sociétés de Noirs d’origine haïtienne qui parlent aujourd’hui encore un espagnol mâtiné de patois français. Des musiques provenant de diverses régions des Amériques (d’Argentine, du Mexique et des Etats-Unis en particulier) s’implantent également à Cuba, et
La Havane, important centre culturel, accueille de nombreux artistes étrangers.

A partir du XVIIe siècle, les Noirs de

différentes origines ethniques se regroupent en sociétés d’aide mutuelle (cabildos). tors de cer¬taines fêtes religieuses dont le Corpus Christi, des danseurs et musiciens de ces cabildos (com¬parsas) défilent dans les rues des villes. Ceux d’Oriente entonent El cocoyé, chanson en patois français, ceux d’ascendance bantoue des airs de tango congo dont la habanera empruntera le rythme.

A partir de la fin du XIXe siècle s’élaborent progressivement certains des principaux genres du registre populaire: la clave, la cancion, la criolla, la guaracha, le bolem, le son, la habanera, laguajira. Ils s’interpénètrent ou fusionnent souvent, comme on pourra le constater dans plusieurs morceaux de cette anthologie dont Beso loco, combinaison de balero et de son,

Bàilame el mambo, combinaison de mambo et de son montuno, ou A romper el coco, con joignant guaracha et mambo.

Au début du siècle, des f1′ovadores (chanteurs s’accompagnant à la guitare), souvent originaires d’Oriente, se fixent à
La Havane. Ils y popularisent notamment deux genres musicaux de leur région : le son et le bolera. A partir du milieu des années 20, la musique cubaine se diffuse plus intensément à l’étranger grâce au disque et à la radio. De nombreux orchestres cubains enregistrent à
La Havane ou aux Etats-Unis pour des marques de disques américaines et plusieurs musiciens cubains, attirés par la vitalité musicale de New York, s’installent dans cette ville. L’importante communauté portoricaine qui y réside constitue un public enthousiaste et averti pour les rythmes cubains, et plusieurs grands noms figurant dans cette compilation :

Noro Morales, Joe Loco, Tito Puente, Tito Rodriguez sont en fait d’origine portoricaine. Souvent, d’ailleurs, des artistes cubains de la diaspora joueront un rôle prépondérant dans le développement de la musique latine : ainsi Pérez Prado au Mexique, créateur du mambo, ou les Afro-Cubans aux Etats-Unis, instigateurs du Latin jazz.

Après la vogue de la rumba et de la conga, dans les années 30, la musique cubaine, à
La Havane comme à New York, connaît un véritable âge d’or dans les années 50 avec l’explosion du mambo et du cha cha cha. La vogue actuelle de la salsa et du Latin jazz replace Cuba sur le devant de la scène musicale internationale et atteste, une fois de plus, la stupéfiante créativité de l’île du cigare et du rhum. 
Les différents genres musicaux 

Les morceaux sélectionnés dans cette anthologie, classés par ordre chronologique, ressortissent aux catégories suivantes: tango congo, clave, bolero, son, son montuno, danz6n, guajira, conga, preg6n, guaguanc6 (et rumba en général), guaracha, danzac, mambo, cha cha cha, descarga et Latin jazz.

Le tango congo 

Le tango congo était jadis une danse de carnaval à deux temps d’origine bantoue, dont le

rythme de base consistait en croche pointée, double croche et deux croches. A partir des années 20, l’appellation s’applique à certaines chansons basées sur cette cellule rythmique et évoquant la culture noire de Cuba.

La clave 

Genre d’air généralement à 6/8, exécuté par des groupes de chanteurs appelés Garos de clave dans la zone du port de
La Havane puis dans d’autres villes de Cuba. Dans les quartiers noirs, ces Garos de clave s’accompagnaient avec des instruments de percussion dont des claves (baguettes de bois entrechoquées) et une viola (vihuela sans cordes sur le bois de laquelle étaient frappés des rythmes).

Le bolero 

Danse ternaire d’origine espagnole, le bolero se transforme à Cuba, au contact des Noirs, en genre musical à deux puis à quatre temps. Le BOLERO cubain, romantique et lent, mais avec un rythme clairement marqué, se développe à la fin du XIXe siècle dans la région d’Oriente. Il est d’abord exécuté par des trovadores, chanteurs s’accompagnant à la guitare, qui composent eux¬mêmes de splendides boleros, puis par différents types de formations dont, dans les années 1940 et 1950, des grands orchestres. Le bolero se répandra dans toute l’Amérique latine et subira, sur le plan harmonique, l’empreinte du jazz.

Le son 

Le son naît dans les zones rurales d’Oriente à la fin du XIXe siècle, mais ses origines remontent au XVIe siècle, avec le célèbre Son de
la Ma’ Teodora. Genre de chanson anecdotique relatant les incidents du quotidien ou exaltant la beauté du terroir, il évolue lui aussi d’une mesure ternaire à une mesure binaire. Très syncopé, il est caractérisé par une alternance soliste choeur. Il est d’abord interprété par de petits groupes appelés bungas dont l’instrumentation consiste en botija (cruche dans laquelle on souffle faisant office de contrebasse), tres (genre de guitare originaire d’Oriente à trois cordes doubles), claves et bongo. Dans les années 1920 le son gagne
La Havane et diverses agrupaciones de son se constituent dont des sextetos, composés de deux chanteurs (l’un s’accompagnant avec des claves, l’autre avec des maracas), tres ou guitare contrebasse et bongo, des septetos (même instrumentation plus une trompette) et des sonoras (comportant trois trompettes). Dans les années 1940 et19 50 naissent des conjuntos et des combos (comprenant un piano, une conga et diverses sortes de cuivres) et le son passe lui aussi au répertoire des grands orchestres. Le sonero (chanteur de son) improvise souvent des paroles sur une section de la chanson appelée montuno.

Il existe une variante plus lente du son appelée son montuno (son de la montagne).

La guajira 

Genre de chanson d’origine rurale elle aussi (le mot guajiro signifie « paysan »), la guajira se rapproche du son montuno. Son tempo est modéré, son canevas harmonique sommaire, et elle est généralement jouée à la guitare. Laguajira la plus connue à l’étranger est sans conteste Guajira guantanamera.

Le danzôn 

Issu de la contmdanza (forme créolisée de la contredanse), le danzon surgit à la fin du XIXe siècle à Matanzas. Il est d’abord exécuté par des TIpicas (orchestres de cuivres) puis, à partir du milieu des années19 20, par des charangas, comprenant des violons (parfois aussi un violoncelle), une flûte traversière, une contrebasse, un piano, des timbales (caisses claires montées sur un pied) et un güiro. Le danzon comporte plusieurs parties séparées par des breaks souvent annoncés par un roulement de timbales (L’ abanico), avec une coda plus rapide, permettant aux musiciens et aux danseurs d’improviser librement.

La conga 

Danse de carnaval, la conga est, comme son nom l’indique, d’origine congo (bantoue). A
La Havane et à Santiago, où se déroulent les carnavals les plus spectaculaires de Cuba, les comparsas serpentent dans les rues en dansant à la queue leu leu. La musique est scandée par des tambours, des cornetines (hautbois d’origine chinoise) ou des trompettes et divers instruments hétéroclites dont des poêles à frire (sal’tenes). Dans les années 1930, la conga, popularisée par des orchestres tels que celui de Xavier Cugat, fera fureur aux Etats-Unis.

Le pregon 

Jusque vers les années 1930 ou 1940, à Cuba comme dans d’autres pays d’Amérique latine, les vendeurs de rue chantaient des chansons colorées, les pregones, témoignant souvent d’une riche imagination. Ces pregones ont inspiré diverses chansons populaires dont El manisero (Le vendeur de cacahuètes) et El botellero (Le repreneur de bouteilles) .

Le guaguanco 

Le guaguancô appartient, comme la columbia et le yambù, au genre musical et chorégraphique appelé rumba brava. Le rythme, fourni par trois congas et des baguettes (palitos), est d’origine congo mais la partie vocale est issue du cante jondo, amené à Cuba par les Andalous. Dans les orchestres de musique populaire, le chanteur conserve ce feeling andalous et le

piano exécute un motif contrapuntique appelé montuno de guaguanco.

La guaracha 

Genre musical enlevé et à deux temps, la guaracha surgit au XVIIIe siècle dans les troquets du port de
La Havane. Dérivée de certaines chansons picaresques espagnoles, elle passe au siècle suivant au répertoire du teatro bufo, influencé par le théâtre napolitain, puis à celui des orchestres de danse, tout en conservant son humour foncier.

Le mambo 

Avatar du danz6n, le mambo (mot d’origine bantoue signifiant « prière » ou « conversation avec

les dieux ») est créé au début des années19 50 par le pianiste cubain Damaso Pérez Prado. Etabli au Mexique, Prado, avec son grand orchestre, emprunte le ritmo nuevo issu du danzon et l’interprète avec des cuivres, une batterie et des riffs entraînants. Les big bands latins de New York: ceux de Machito, Tito Puente et Tito Rodriguez, reprendront le mambo avec des arrangements très élaborés.

Le cha cha cha 

A Cuba, constatant que le mambo, avec ses syncopes complexes, était difficile à exécuter pour certains danseurs, le violoniste Enrique Jorrin, membre de la charanga Orquesta América, en ralentit le rythme. Il crée, vers 1953, le cha cha cha, plus carré et caractérisé par une sorte de hoquet sur le troi- sième temps. Comme le mambo, le cha cha cha se répandra comme une traînée de poudre dans le monde entier.

La descarga 

Le terme descarga (signifiant littéralement « décharge ») désigne des improvisations libres sur un schéma harmonique relativement simple. En 1956, le contrebassiste Israel « Cachao » Lopez organise pour le label cubain Panart une séance historique de descargas. Ces descargas, très dansantes, remporteront un immense succès aux Etats-Unis et vers le milieu des années 1960, les premiers enregistrements de salsa s’en inspireront.

Le Latin jazz 

Fusion du jazz et des rythmes latins -cubains en particulier, le Latin jazz se

 développe véritablement dans les années19 40 sous l’impulsion des Afro Cubans, le grand orchestre dirigé à New York par le trompettiste et saxophoniste cubain Mario Bauza et son beau-frère le chanteur « Machito » (Frank Grillo), et, à partir de 1947, sous celle du conguero Chano Pozo et de Dizzy Gillespie. Le jazz, cependant, s’était infiltré à Cuba dès les années 1920, et des éléments latins existaient déjà dans le jazz de
La Nouvelle-Orléans. Depuis les années 1970, le Latin jazz a connu un important renouveau à Cuba avec des orchestres tels qu’Irakere, ainsi que dans le reste de l’Amérique latine et aux Etats-Unis, où se sont exilés, depuis le début des années 1980, plusieurs jazzmen cubains.

SELECTION MUSICALE Los cantares dei abacua -Maria Teresa Vera et Rafael Zequeira 

Le début des années1920 constitue à
La Havane la haute époque des trovadores, chanteurs s’accompagnant à la guitare. Fille d’un Espagnol et d’une domestique noire, Maria Teresa Vera fut l’une des rares femmes à jouir d’un certain renom dans un milieu dominé par les hommes. Après des études de guitare avec deux éminents trovadores, José Diaz et Manuel Corona, elle débute à seize ans au théâtre Politeama Grande. Elle enregistre son premier disque trois ans plus tard, en duo avec Rafael Zequeira. Elle fondera par la suite avec le chanteur, bassiste et compositeur Ignacio Pineiro le Sexteto

Occidente, célèbre groupe de son de la fin des années 1920. Grandi dans les quartiers noirs de
La Havane, Pineiro était ami de membres d’une fraternité abakwa, société secrète d’origine nigériane, réservée aux hommes. S’inspirant de leurs rythmes, il en invente un, qu’il baptise clave abacua (la clave est le rythme de base de la musique cubaine). C’est cette clave abacua de Pineiro qu’interprètent ici Vera et Zequeira, dans une chanson riche d’allusions à la fascinante culture abakwa de Cuba.

Y tù que bas becho? Eusebio Delfin   

Guitariste et chanteur à la magnifique voix de baryton, Delffn (1893¬1965) donna son premier récital dans un théâtre de Cienfuegos. Bien que banquier de profession, il se consacra toute sa vie à la musique. Sa façon de s’accompagner avec des arpèges inspira plusieurs guitaristes et il composa de subtiles mélodies dont l’émouvant Y tu que has hecho? – l’une de ses œuvres majeures.

Viva el bongô/Septeto Nacional d’Ignacio Pineiro Après un différend avec Maria Teresa Vera, Ignacio Pifieiro décida de voler de ses propres ailes et fonda le Septeto Nacional. De tous les orchestres de son des années 20 et 30, le Septeto Nacional fut probablement celui qui obtint le retentissement le plus considérable et il servit de tremplin à d’exceptionnels musiciens. Viva el bongô met en valeùr l’éminent bongocero José Manuel (« El Chino ») Incharte, qui imposa dans le son son style de percussion.

Ay Mama Inés – Rita Montaner Née en 1900 à Guanabacoa, la belle Rita Montaner s’illustra surtout dans la zarzuela, mais elle témoigna toujours d’une profonde affection pour la musique afro-cubaine. Elle se produisit avec succès à New York à la fin des années 20, y popularisant Ay Mama Inés et El Manisero. A l’apogée de sa carrière, elle participa à de nombreux films et émissions de radio et effectua plusieurs tournées en Europe et en Amérique latine. Classique du répertoire populaire cubain, Ay Mama Inés, tango congo d’Eliseo Grenet et Ernesto Lecuona, évoque sur un mode enjoué la culture noire du pays

.

Suavecito – Cuarteto Machin Fondé en 1930 à New York par le chanteur Antonio Machin, peu

           

après son arrivée aux Etats-Unis, le Cuarteto Machin a enregistré de nombreuses chansons cubaines et portoricaines dont Suavecito d’Ignacio Pineieiro, illustre éloge du son, qui triompha en 1929 à
la Feria de Seville. Outre Machin (chant, clayes, maracas) et le chanteur portoricain Daniel Sanchez (chant, guitare), figurent sans doute sur cet enregistrement Placido Acevedo (trompette) et Candido Vicenty (tres, guitare). Machin se produisit en Europe durant les années 30 et il est mort à Madrid en 1977, contribuant en Espagne à l’engouement pour la salsa.

© FRÉMEAUX ET ASSOCIÉS SA

  GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI S4 1998,

MANO RADIO CARAÏBES

http://manoretro.unblog.fr/    

http://emission.unblog.fr/    

martel.loutoby@orange.fr    

http://fr-fr.facebook.com/ 

http://www.manoradiocaraibes.com  

http://www.manoretro.com 

Portable:0696919145 

Portable:0696840553

Pas de Commentaires à “NOU KA SONJE-MUSIQUE CUBA”

  ( Fil RSS pour ces commentaires)

Laisser un commentaire


Chez la Peintresse |
Archicaro |
nane |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | peintures from euskadi
| Le peuple des couleurs
| La nurserie de Canou