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Henri Debs-Nou Ka Sonjé Yo

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HENRI DEBS : 

LA MUSIQUE DANS
LA PEAU 

Propos recueillis par Rebecca Valentine MARIVAL France-Antilles Guadeloupe 07.01.2009 

HENRI DEBS -NOU KA SONJE YO
Album : HENRI DEBS -NOU KA SONJE YO
HENRI DEBS : LA MUSIQUE DANS LA PEAU Propos recueillis par Rebecca Valentine MARIVAL France-Antilles Guadeloupe 07.01.2009
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Henri Debs qui fêtera ses 77 ans à la fin de l’année, célèbre 58 ans de carrière, en tant qu’auteur et compositeur. Il a aussi produit la quasi-totalité des grands chanteurs guadeloupéens, que ce soit en biguine ou en zouk. A la fin du mois de février, le producteur guadeloupéen d’origine libanaise recevra en Allemagne une distinction le récompensant pour la qualité de son travail. 

La première fois que j’ai écouté Maldon, j’ai su que ça marcherait. Qui est Henri Debs ? Etes-vous producteur, auteur ou compositeur ? J’ai commencé par jouer de la musique. De la flûte, du pipeau, du saxophone ténor. Puis Roland Balthazar, avec qui je suis vite devenu ami, m’a initié à la guitare, enseigné les harmonies et à moins de 15 ans, nous jouions déjà de belles musiques. Nous faisions du jazz, du Duke Ellington, du Django Reinhardt, Benny Goodman. Nous reprenions toutes ces oeuvres des années 1950 et, au fur et à mesure, nous avons évolué. Et avant la musique, que faisait Henri Debs ? J’ai été garçon de magasin avec mon cousin Albert Debs, marchand forain sur les trottoirs de Pointe-à-Pitre et restaurateur. J’ai aussi tenu un magasin d’articles vestimentaires. Puis je suis devenu disquaire. En parallèle, je me produisais tout de même en amateur dans les orchestres comme celui de Calderon. J’enregistrais beaucoup de contrebasse pour
la Maison Emeraude de Marcel Mavounzy, qui avait refusé de me produire. Je suis donc allé voir Monsieur Parize, de
la Socovi, à Pointe-à-Pitre, qui l’a fait avec gentillesse. Je lui remettais les bandes que j’enregistrais, il sortait les disques et me les remettait tous. C’est dans les années 1970 que j’ai mis sur pied ma propre production, sur les conseils de Casimir Létang. Pour moi, c’est une très belle époque pendant laquelle j’ai travaillé avec tous les musiciens de
la Guadeloupe. Je n’ai jamais eu de problèmes avec les musiciens guadeloupéens. Nous étions tous très proches. 
Qu’est-ce qui vous a donné envie de produire votre premier artiste ? Casimir Létang a fait partie des premiers, mais je l’ai connu du temps où j’étais restaurateur. C’était l’époque d’Adieu Marie-Galante. Mais le premier artiste produit par Henri Debs, c’est Henri Debs lui-même. Après, il y a eu Fred Fanfant, les Edouard Benoît, Alain Gervais et pleins d’autres. Tout a débuté au fond de mon magasin où j’avais aménagé un petit studio. Casimir Létang m’a envoyé voir un photographe de la rue Nassau de Pointe-à-Pitre, qui avait un magnétophone Philiips, un trésor pour l’époque. Le photographe me l’a prêté sans rechigner. Avec ça, j’ai fait des débuts fulgurants avec Blamard et Manuela Pioche avec Où sont les baisers ? On m’a accusé d’avoir volé les chansons de Blamard, cette oeuvre et d’autres sont à moi. Blamard, qui était un excellent interprète, chantait, mais je faisais la musique. Manuela Pioche était tout aussi merveilleuse, mais elle aussi ne faisait que chanter sur des compositions de Casimir Létang, de Justin Pétrius, d’Henri Debs et d’autres. Blamard s’est aussi fait connaître pour ses collaborations avec Emilien Antile et ses quarts d’heure de charme qui font encore fureur. Ces chanteurs-là arrivaient à toucher les coeurs. Dans les années 1950, c’est la période biguine ? 

Je ne produisais pas que de la biguine à mes débuts, mais aussi du tango, du boléro, des slows et du chachacha, et parfois du merengué. Dans les années 1960, le calypso a aussi fait son apparition en Guadeloupe avec le succès du Trinidadien Mighty Sparrow. Le Guadeloupéen Daniel Forestal était fan de Sparrow et a composé beaucoup de chansons de style calypso. Avec Joseph Placide, il était l’un des seuls à avoir une très bonne diction française, en passant. On savait à l’époque se faire comprendre en créole, donc c’était important de savoir s’exprimer en français, car c’est souvent la bonne prononciation qui faisait que le public adhérait ou pas. Et à partir des années 1980, vous devenez le producteur des jeunes artistes de zouk… L’aventure zouk d’Henri Debs a commencé bien plus tard. Les premières chansons de Tanya Saint-Val ont été produites en 1986. Tanya n’avait pas de contrat qui la liait à une maison de disques. Elle est venue me voir avec le pianiste Willy Salzedo et j’ai immédiatement accepté de travailler avec eux. Je les connaissais déjà un peu, car très ancré dans l’univers musical guadeloupéen et ne manquant aucune fête, aucun concert, aucun spectacle, j’avais entendu parler d’eux. J’ai aussi, par la même occasion, sympathisé avec bon nombre de musiciens guadeloupéens. Quand j’ai monté ma production, tous sont venus me voir sans hésitation. Mon magasin était un lieu de réunions. Les artistes s’y rencontraient, nous tapions la blague, nous parlions de musique jusqu’à plus d’heure, nous prenions des nouvelles de la famille des uns et des autres. Les musiciens qui ne s’étaient pas encore rapprochés de moi sont venus par la suite automatiquement. De Basse-Terre est venu le Typical Combo, il y a eu Femmes Harmonieuses que produisait Monsieur Bléville, il y avait aussi les Aiglons, le Super Combo, les Stars Combo. Avant Tanya Saint-Val, il y a aussi eu Tatiana Miath. Et le succès de Chabin’la…  C’est ma première production de zouk féminin qui a beaucoup marché. Tatiana Miath, je l’ai vue chanter pour la première fois en 1984-1985. Mais Tanya a tout de même été le grand boum. Nous avons bâti le succès du zouk avec Tatiana Miath, Tanya Saint-Val, Willy Salzedo, Frédéric Caracas et Joseph Lockel. Tous venaient au studio et travaillaient dans une bonne entente qui n’existe plus. Aujourd’hui, tout le monde est chez soi et travaille seul. Il n’y a plus de travail collectif, qui permettait d’avoir des idées nouvelles et de faire de gros tubes comme Chalè, Son tanbou la et d’autres encore. Il y a eu d’autres bons sons, mais qui sont passés malheureusement inaperçus et n’ont pas été diffusés à la radio. Vous avez aussi lancé Zouk Machine… C’est un très gros succès ça! Avant que le trio fasse fureur sur disques, j’avais des demandes pour que les filles fassent de la scène. Dès le départ, Zouk Machine a connu un grand engouement du public guadeloupéen, c’était extraordinaire. J’ai ensuite reçu un disque de platine pour Maldon. C’est une histoire drôle : le disque fini, je trouvais qu’il manquait un titre pour que l’album décolle. Une chanson a donc été retirée de l’album, Maldon a été enregistré à la place et a remporté le succès national et même mondial qu’on lui connaît. La première fois que j’ai écouté Maldon sur le disque vinyle fini, j’ai tout de suite su que c’était la chanson qui marcherait. Même le jour où nous avons réenregistré le titre dans un grand studio parisien, j’ai dit à l’un des compositeurs, Guy Houllier, que nous avions trouvé le tube. Je pensais faire disque d’or, nous avons fait disque de platine. Et disque d’or à l’époque, il fallait le faire, c’était un million de disques vendus. Quinze ans après la sortie de Maldon, Dominique Zorobabel et Christiane Obydol ont tourné sur scène et en radio, tous les mois, toutes les semaines et dans toute
la France avec un succès médiatique et populaire triomphal. 
Quel est l’autre succès que vous chérissez ? 

Les Aiglons ont été pratiquement le premier orchestre de bal à obtenir un disque d’or avec 300000 disques vendus dans notre petite région seulement. Savez-vous qu’un certain Daniel Santos, du Brésil, a piraté les Aiglons pour en faire, quinze ans après, un disque de lambada ? Quels autres jeunes artistes avez-vous vu évoluer et dont vous êtes fiers encore aujourd’hui ? Je ne sais pas si je dois les nommer. Je pense à tous ceux qui ont eu beaucoup de succès dans le zouk des années 1980-1990, mais qui ont vite pris la grosse tête. Il y a une chanteuse encore très connue qui a dit cette phrase : « La femme que je suis devenue aujourd’hui ne peut plus chanter les zouks que je chantais avant » . Elle crache dans la soupe. J’ai toujours combattu les gens qui voulaient aller dans un style qui n’est pas le leur. Prenez Gilberto Gil, qui est un grand guitariste brésilien, même s’il doit voyager, il reprendra toujours des chansons de chez lui, il n’essaiera pas de copier les Français ou autres. Toujours passionné de musique, Henri Debs reste parfois tard dans la nuit pour composer de nouveaux morceaux dans son studio de la rue Frébault (T.L.) 

La vente de disques est en chute, la musique qui vous est chère connaît-elle aussi cette crise ? Comme nous sommes dans un petit pays, nous la ressentons plus. Il faut savoir que beaucoup de Guadeloupéens font de plus en plus des copies de disques pour leurs amis. La piraterie est énorme. Je ne suis pas favorable au téléchargement de musique sur internet. Si on arrête de produire des disques, la musique disparaîtra, selon moi. Et je refuse de vendre mes chansons une par une sur le net. Quand on produit un album de douze titres, ce sont onze titres qui tombent à l’eau. Il faut que les gens aient connaissance de tout l’album. De toute façon, la musique antillaise ne se vend pas bien sur le net. Nous sommes en plus obligés de mettre le prix de la musique sur internet identique à celui d’un disque. Alors faisons un effort pour acheter des disques! - Une récompense venue d’Allemagne Henri Debs recevra, en février, en Allemagne, le Prix international Arc d’Europe, catégorie or « pour la qualité et l’excellence de son travail. » Il avoue avoir été très surpris de se voir décerner cette récompense et s’est demandé comment les Allemands ont fait pour connaître son existence. Ce n’est pas le premier trophée qu’il reçoit. En juillet dernier, il a reçu un diplôme d’honneur de l’académie de la biguine de
la Martinique. Il a également reçu le Prix Alexandre Stellio en 1985 (du nom d’un célèbre clarinettiste de biguine martiniquais, des années 1920-1930) et d’autres récompenses. 

- SES VOEUX « Pa fè moun sa ou pa vlé yo fèw! Ce qui veut dire : Ne faites pas aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous fasse. Sinon je souhaite le bonheur, la santé, le travail pour avoir un peu d’argent, parce que sans argent on ne peut rien faire. » - SES PROJETS Il prépare un livre : « Au courant de l’année 2009, je sortirai un livre dans lequel je dirai toute la vérité. Je raconterai la véritable histoire d’Henri Debs. Et pas celle racontée par les racistes et les politiciens de mauvais goût. » 

- SES IDEES « Je ne me positionne nulle part politiquement même si j’ai un penchant pour la gauche. Je me considère comme un homme de justice qui dit qu’on ne doit pas faire de mal à son prochain, qu’on ne doit pas colporter de mensonges sur autrui et qu’on ne doit pas tuer. » - SA GUADELOUPE  « Mon père est né en Guadeloupe au début des années 1900. Bien que je sois d’origine libanaise, je me sens Guadeloupéen dans L’âme [...] Je ne suis jamais allé au Liban, mais si ma femme et mon fils veulent un jour découvrir ce pays, je les emmènerais. Mais rien ne m’y oblige… J’aime
la Guadeloupe et sa culture. » 

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